Un monde de sorceleries

 
 
  • Haine à la mosquée de La Mecque Le vrais visage des islamistes

    2015, un prêche de haine à la mosquée de La Mecque

    La haine des chiites et des juifs véhiculée par l'idéologie salafiste s'exprime à la mosquée de La Mecque, dont l'imam est nommé par l'Arabie saoudite. Une vidéo inédite extraite de "13-Novembre : ce que l'on n'a pas su voir", un document du magazine "Envoyé spécial".

    Le 3 novembre 2016, presque un an après les attaques du 13 novembre à Paris, "Envoyé spécial" diffusait un documentaire exceptionnel sur les racines idéologiques de Daech, réalisé par Mohamed Sifaoui. En s'appuyant sur des vidéos inédites comme celle-ci, il montre clairement les liens de l'Etat islamique avec le wahhabisme salafiste soutenu par l'Arabie saoudite.

    Les mosquées du royaume flirtent ouvertement avec les jihadistes et offrent une tribune à leurs idéologues. Au cœur même du monde musulman, la mosquée de La Mecque, lieu sacré entre tous. C'est la voix religieuse de l'Arabie saoudite, et son imam est nommé par le pouvoir. En juin 2015, celui-ci appelle explicitement à la destruction des juifs, des chiites et des chrétiens.

    "Victoire à nos frères jihadistes"

    "Ô Allah, nous te demandons d'accorder victoire, puissance et triomphe à nos frères jihadistes au Yémen, au Levant (Syrie) et en Irak. Ô Dieu, accorde-leur la victoire sur les chiites athées, sur les traîtres juifs et sur les chrétiens haineux." 

    Une invocation typique de la doctrine salafiste, qui "s'oppose aussi bien à la démocratie qu'au chiisme", souligne l'ancien responsable de la DGSE Alain Chouet, et un rappel des "discours ahurissants" sur les juifs que tiennent encore les manuels saoudiens, selon l'historienne Jacqueline Chabbi.

    Extrait de "13-Novembre : ce que nous n'avons pas su voir", un document diffusé dans "Envoyé spécial" le 3 novembre 2016.

    source https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/video-en-2015-un-preche-de-haine-a-la-mosquee-de-la-mecque_1904423.html

     

     

     

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  • Migrations camerounaises et sorcellerie en France

    Revue européenne desmigrations internationales

    Migrations camerounaises et sorcellerie en France

    Sophie Bouly de LesdainCiter ce document / Cite this document :Bouly de Lesdain Sophie. Migrations camerounaises et sorcellerie en France. In: Revue européenne des migrationsinternationales, vol. 10, n°3,1994. CERPAA CERPOD ORSTOM – Migrations africaines. pp. 153-174;doi : https://doi.org/10.3406/remi.1994.1430https://www.persee.fr/doc/remi_0765-0752_1994_num_10_3_1430Fichier pdf généré le 20/04/2018

     

    Migration camerounaise et sorcellerie165 De une réticence à avoir recours à une pratique dont l'efficacité, mais aussi les conséquences à long terme, ne font nul doute. La démarche qui consiste à faire fléchir en sa faveur le cours normal de la vie et à s'attirer l'amour d'un homme malgré lui est reprehensible, mais la réprobation semble tenir tant au prix à payer qu'au principe de l'action. L'entourage va jusqu'à soupçonner les ascendants d'avoir pactisé avec les forces occultes afin que la progéniture puisse partir en Europe, par exemple en trouvant un conjoint blanc. La maladie d'un parent du migrant, soit foudroyante, soit au contraire progressive, fera alors office de preuve. LA SORCELLERIE COMME « CAUSE » DE L'EMIGRATION La référence aux pratiques occultes pour expliquer les conditions de départ intervient de manière plus concrète, lorsque l'individu fuit la menace d'une action. Dans le nord du Cameroun, une jeune femme peul éprouvait un amour immodéré pour un homme, au point que sa seule absence lui donnait des palpitations cardiaques ; dans le même temps, le prétendant l'emmenait chez un marabout sous prétexte de la protéger contre les éventuelles attaques dont les enfants issus de mariages polygamiques situation dans laquelle se trouvait la jeune femme , seraient souvent l'objet. Sa famille, trouvant étrange cet amour, et surtout ses manifestations immodérées, eut des suspicions sur la finalité réelle des prestations du marabout. En conséquence, elle décide d'envoyer la jeune fille poursuivre un stage de formation en France, afin de mettre une distance entre la jeune fille et les sources d'action occulte. La crainte de la sorcellerie comme facteur explicatif de la migration, voilà qui est inédit ! Le cas de Béatrice (Bamiléké) est plus complexe : elle tente un retour au pays elle retrouve un ami d'enfance avec lequel elle sympathise, mais lorsqu'elle se trouve enceinte, la femme légitime du galant présente l'alternative en ces termes : l'infidèle ou la maîtresse va mourir si la jeune femme reste. Béatrice repart immédiatement en France (1988), mais quelques années plus tard (1994), son amant veut la rejoindre et commet l'imprudence d'en avertir sa légitime. Il meurt empoisonné avant d'avoir pu mettre son projet à exécution. (CF. Fisiy et P. Geschiere signalent que les « affaires de cœur » portées devant le tribunal de Bertoua concernaient souvent des meurtres de conjoints par empoisonnement). Ainsi, l'action maléfique intervient comme facteur explicatif du départ et du non-départ. Nous abordons ici la question du retour au pays d'origine, une fois le séjour en France achevé. LE RETOUR, UN AUTRE PASSAGE Au retour, le migrant est considéré comme étant particulièrement sujet aux actions maléfiques, et donc dans une situation de fragilité. Le postulat est que le migrant est a priori en proie aux actions maléfiques, et donc que le séjour en Europe est de nature à provoquer les jalousies, motif premier de l'action sorcière, nous rappelle que le pouvoir maléfique est inopérant par-delà les mers. 166Sophie BOULY DE LESDAIN RÉUSSITE À L'ÉTRANGER ET RETOUR Le passage, symbolique et réel, a des effets transformateurs sur celui qui l'effectue ; aussi, apparaît-il dangereux car supposant un état de transition, avant que le statut de l'individu soit redéfini (A. Van Gennep, éd. 1969). Pour l'entourage resté au pays, les études, qui motivent souvent le départ pour l'étranger, doivent garantir une ascension sociale, comme cela a été le cas pour les élites étatiques et administratives actuellement en place ; mais le séjour en France ne permet pas toujours d'obtenir la situation professionnelle, et donc économique et sociale, escomptée. Constatant l'absence de transformation de la situation sociale du migrant, l'entourage se fait moqueur. Le migrant attribue alors ses déboires à l'hostilité de l'entourage et il est alors face à une alternative : réduire au minimum les relations avec l'entourage, ou s'assurer des protections. Le premier choix correspond à la séparation, qui est une forme de prévention, le deuxième aux rites positifs (volonté d'acte : distribution de cadeaux) et négatifs (interdiction de manger certains plats...) de protection. Les femmes n'ayant pas pris à temps les mesures de protection préconisées par l'entourage attribuent à une action extérieure les problèmes de santé, l'échec professionnel ou scolaire des enfants. Dans ce dernier cas, l'action se porte sur les descendants des personnes visées, et implique donc plusieurs générations. Question : Et au retour ? Réponse : « (...) Du côté de la vie familiale, nous n'avions pas énormément de contacts avec nos cousins, les voisins, et les gens de la famille élargie. Question : Pourquoi ? Réponse : Je pense que c'est une option que mes parents ont prise, ma mère surtout, de ne pas permettre des contacts fréquents avec les autres (...). Il y a des trucs pas nets, donc pour nous préserver de cela, ma mère n'a jamais tenu à ce que les contacts soient effrénés avec les autres (...) parce que c'est une tendance générale et parce que nous étions scolairement parlant assez avancés par rapport aux autres, c'était une raison de plus (...) a priori, que ce soit fondé ou pas, on se dit que ses enfants sont exposés, on se le dit a priori. Et quand en plus tu as une raison complémentaire de l 'être, tu te protèges. Question : Et vous avez eu des histoires ? Réponse : Nous avons eu des trucs louches. Disons qu'il y a eu dans la famille certains échecs malgré tout, qui ont pu être, à cette époque-là, expliqués par des actes de sorcellerie. Il y a eu notamment le cas de l'une de mes soeurs qui pendant qu'elle rédigeait à un examen s'est endormie et n'a pas pu passer l'épreuve (...)». (Garoua, le 11-10-94, Nicole Bamiléké, 35 ans, mariée, deux enfants, a fait deux séjours en France, l'un avec sa famille jusqu'à l'adolescence, l'autre pour y poursuivre des études supérieures). Migration camerounaise et sorcellerie167 Plus loin l'origine des suspicions se fait plus claire, et souligne la nécessité de situer l'événement dans un contexte : Question : Qu'a dit la famille lors de ton départ ? Réponse : « (...) dans la famille, bon, il faut dire qu'à la mort de mon père il y a eu une sorte de scission entre nous, ma mère et ses enfants d'une part, et la famille de mon père d'autre part. Tu sais que théoriquement nous appartenons à la famille de mon père, et encore, comme tu le sais, une mort n'est jamais innocente, et d'où provenait cette mort ? Qui l 'avait tué ? Question : En plus il avait un poste important. Réponse : Une réussite sociale brillante qui suscitait les jalousies, d'autant plus qu'il était le seul dans la famille, comme ça se passe souvent ici, il y a des tas de disparités comme ça. (...) Mon père a eu la possibilité de faire des études et a réussi. Quand ce genre de trucs arrive, chacun se jette la pierre, c'est la femme, non ce sont les frères, ce qui fait que ma mère a pris la décision sans consulter les autres membres de la famille ». La référence à la sorcellerie fait intervenir trois événements à deux stades du parcours migratoire : la mort du père à son retour de France, l'option prise est la rupture avec la branche paternelle d'Ego d'où proviendrait l'action, ce qui suscite une deuxième action, l'échec de la sœur à ses examens ; les processus décisionnels pour le départ d'un des enfants ne sont alors pas respectés. Les rapports de forces sont rétroactivement dévoilés par l'histoire, ce qui implique de considérer simultanément l'évolution de la situation et la réaction des individus et des groupes que cette évolution met en cause (7) ; mais surtout, le cas permet d'appréhender le thème du changement social, auquel participe la migration. La scolarisation introduit de nouveaux critères de valorisation et de positionnement dans le groupe qui s'ajoutent à l'autorité des aînés et au pouvoir. Dans ce contexte, la référence à la sorcellerie permet de rappeler son appartenance au groupe à celui qui connaît une ascension sociale. Ainsi, l'acquis intellectuel est un mode d'accès à la classe enviée des administrateurs civils. Dans les esprits la migration, ou plutôt ce qu'elle représente, suscite l'action maléfique. « Alors un jour, il (son mari) rentre du boulot vers 18 h, il me dit « je sens comme une barrière dans la tête, je n'arrive plus à réfléchir ». (...) on lui donne deux semaines de repos et ça ne va toujours pas. Ces affaires de guérisseurs, je n'y croyais pas. Mais je t'assure que ça existe ». (Marie, 23-11-93, Yaounde, Ewondo par sa mère, père inconnu). 168Sophie BOULY DE LESDAIN L'homme commence à boire, ce qui n'aurait pas été dans ses habitudes ; et enfin, il disparaît, une nuit, puis plusieurs jours consécutifs, il ne se change plus, ne se lave plus. Marie surprend une conversation et apprend ainsi qu'on aurait « mis quelque chose dans le verre » de son mari. Un des oncles paternels et le frère aîné de la victime passent aux aveux et dénoncent un collègue de travail du mari d'Ego. La jalousie serait le motif de l'action Pour eux, pourquoi lui a et eux non, voilà ! il faut le détruire, il faut le détruire pour le plaisir, // n 'a rien à gagner ») ; mais dans le premier cas, le lien familial avec la victime suppose qu'une redistribution aurait pu prévenir l'action, tandis que dans le second, l'idée de dépossession transparaît plus clairement. Dans leur étude des liens entre l'État et la sorcellerie dans le sud-est du Cameroun, CF. Fisiy et P. Geschière (1990) signalent que les actions occultes portées devant la Cour de Justice tentent de freiner la prospérité d' autrui, ou se ciblent sur les éléments collectifs de développement. Notre observation va dans ce sens : celui qui « évolue », pour reprendre un terme fréquemment utilisé par les Camerounais, rend jaloux, et tout sera fait pour le limiter dans ses entreprises. Les élites sont obligatoirement visées, ou encore, se sentent visées. Le migrant, à qui la migration permet en principe une ascension sociale, doit anticiper la menace par des envois de cadeaux en biens ou en argent lors des événements importants de la vie du groupe resté au pays, et lors des séjours de vacances. PARTIR ET REDISTRIBUER Les mésaventures d'un de nos interlocuteurs venu au pays pour se marier illustrent le contrôle social exercé sur le migrant à travers l'action occulte. Les festivités approchent, et, à cette occasion, il achète des poules qui disparaissent pour réapparaître une fois les cérémonies achevées. Son jeune frère apporte une réponse : « Tu vas faire manger les gens de la ville, oubliant le village, et maintenant tu t'étonnes de ce qui t' arrive ! ». La référence au village, notre interlocuteur ne vit plus depuis l'adolescence, rappelle des origines auxquelles l'individu doit rester attaché. La terminologie de dévoration évoque une conception mercantile des richesses, qui conçoit la possession des uns par la dépossession des autres. L'action dans la sphère occulte vient alors expliquer les inégalités de richesses. Le système de la sorcellerie devient un mode d'égalisation par redistribution : pour se dédouaner des soupçons sur l'origine des biens, l'individu redistribue ; mais alors, le système se reproduit : en étant généreux l'individu fournit la preuve de sa richesse et donc de la possession d'un principe occulte de pouvoir (M. Rowlands, J.P. Warnier, 1988). La migration est intégrée à ce schéma : le déplacement a pour condition préalable la richesse, et, par définition, doit en apporter de nouvelles. Si c'est le cas, les soupçons pèsent sur les moyens utilisés, et si ce n'est pas le cas, c'est bien la preuve que le migrant a fait l'objet d'une attaque. Mais il ne suffit pas de redistribuer pour prévenir les actions maléfiques, la redistribution devant tenir compte des rapports de force au sein du groupe dont fait partie le migrant. Migration camerounaise et sorcellerie169 Question : Quels sont les événements marquants de votre vie ? Réponse : « L'événement qui m'a marqué le plus c'est que j'avais un jeune frère parti en France trois ans avant moi (...)• Nous sommes de même père mais de mère différente. (...) En 1980 nous avons décidé de revenir pour les vacances tous les deux, on a fait des petits cadeaux (...). A ma mère il avait fait un très beau cadeau, un sac, et à sa mère il avait gardé un parapluie. Alors sa mère lui dit : « Oh ! Mon fils ! Tu as fait un beau cadeau à l'autre maman et à moi mon cadeau ne me plaît pas ». Il est venu me dire « voilà la réflexion que ma mère me fait, mais moi j'ai plus d'estime pour ta maman parce que grâce à elle j'ai réussi les études » (...). Je suis partie (en France), j'ai dit au revoir pour que le samedi ma tante m'apprenne qu'il est mort, que je ne reverrai plus, je ne suis pas revenue ». (Yaounde, le 29-10-93, Pauline, Bamiléké, mariée, au chômage). Une autopsie révèle la cause du décès : mort par poison. La mère de Pauline sera accusée d'avoir été jalouse de la réussite du fils de sa co-épouse et donc d'être à l'origine du crime. Elle s'en défendit, faisant remarquer qu'elle bénéficiait de cette réussite, et n'avait donc pas de mobile. Pour Pauline, la mère naturelle du garçon se vengea d'avoir des cadeaux de moindre importance que sa co-épouse en tuant son propre fils et en faisant accuser sa rivale. La sorcellerie permet de maintenir un statu quo sur le conflit latent ; mais ce conflit peut dépasser le migrant qui devient l'intermédiaire à travers qui les conflits sont révélés. Dans l'idéal, les protagonistes ont un intérêt commun à maintenir une relation de dépendance mutuelle, les uns pour bénéficier de l'ascension et des succès du migrant et affirmer sa dépendance par rapport au groupe, les autres pour se prémunir contre les attaques, se dédouaner des soupçons qui pèsent sur quiconque connaît une réussite, et faire preuve d'une prodigalité socialement valorisée. CE QU'EXPRIME LE DISCOURS DE LA SORCELLERIE L'étude des représentations ayant trait à l'occulte a pour intérêt de mettre à jour la nature des relations que le migrant entretient avec les différents groupes dont il fait partie, et avec lesquels il est en contact. Par ailleurs, le thème nous a permis d'aborder celui plus général de l'acculturation. Les motifs énoncés du recours aux forces occultes dépendent de la place du locuteur : pour l'entourage resté au Cameroun, l'action dans le monde de la nuit peut expliquer comment l'individu parvint à s'attirer la chance qui lui permit d'aller en Europe ; pour la migrante, c'est la jalousie de l'entourage, et donc le motif de l'action, qui explique sa malchance. Le pourquoi permet alors de désigner l'origine. Dans le contexte de la société française, la confession du coupable présumé et la poursuite devant les tribunaux sont exclues ; en conséquence, le discours de l'occulte exprime plus qu 'il ne régule les tensions. 170Sophie BOULY DE LESDAIN La fonction protectrice des mers suppose que l'action se déroule dans un espace concret défini. En conséquence, le manquement aux droits et aux devoirs familiaux sera rarement la cause de l'action. Néanmoins, le risque encouru sur le sol français et la difficulté à trouver en France un guérisseur digne de confiance laisse envisager un séjour dans l'espace d'origine qui, comme le retour définitif, doit être anticipé par une redistribution (matérielle) respectant des hiérarchies traditionnelles. En revanche, les affaires de sorcellerie au retour impliquent des membres de la famille ou des collègues de travail dans un contexte l'anonymat n'existe pas, et rappellent le motif premier du séjour en France : apporter un plus et donc favoriser une ascension sociale. Si la référence à la sorcellerie est fréquente lorsqu'il est fait mention du retour, c'est bien qu'il se déroule dans un contexte social tendu. Les symptômes qui atteignent le migrant ou ses descendants révèlent le motif de conflit : la réussite intellectuelle, c'est-à-dire le moyen d'acquérir une situation professionnelle. Dans le même temps, les personnes parties en France afin d'y poursuivre leurs études ne trouvent pas toujours à leur retour une situation professionnelle à la hauteur de leurs espérances ; et la menace d'une action souligne la période de transition dans laquelle elles se trouvent, mais aussi que l'acquis obtenu en Occident est précaire. Les systèmes de représentations de l'action maléfique intègrent les situations nouvelles, comme l'atteste la sorcellerie de VEkong (E. Ardener, 1970). Dans le cas présent ce n'est pas la migration en elle-même qui suscite l'action, mais ce qu'elle représente : ascension sociale présumée, jalousie suscitée, chance obtenue... L'adaptation de la représentation à un contexte mouvant laisse envisager qu'un jour peut être une conception des groupes, et des relations qui les lient et les délient, laissera envisager que le groupe puisse agir par-delà les mers. Jusque dans les années qui ont suivi l'indépendance, pour les colons et les nouvelles élites Camerounaises, la sorcellerie représentait l'obscurantisme des temps anciens, et à ce titre, était vouée à disparaître avec la modernité, ce qui ne fut pas le cas, bien au contraire. Aujourd'hui la loi Camerounaise prévoit des peines de prison et des amendes pour toutes personnes se livrant à des actes de sorcellerie, de magie ou de divination portant, atteinte à autrui. De même, chez les migrants, il semblerait que la référence à la sphère occulte n'ait pas de liens avec l'âge de départ, la durée de séjour et le niveau d'études. Les affaires de sorcellerie constituent en repère identitaire. Nos interlocuteurs n'envisagent pas que les Français aient leurs propres croyances, et donc des pratiques en la matière exception faite des Français ayant séjourné en Afrique. Les Français seraient trop rationnels pour avoir recours à ce type de démarches, en conséquence il ne peut y avoir d'attaqués faute d'attaquants. Chez les migrants, l'absence de référence à la sorcellerie ne signifie pas qu'il y ait acculturation : la référence à la sorcellerie n'est pas systématique au Cameroun, et, quel que soit l'espace considéré, le discours de la sorcellerie est une reconstruction a posteriori des causes du mal. Seule la méconnaissance des causes qui peuvent a priori expliquer le mal ressort de l'acculturation. L'intervention d'un tiers assurant une fonction de relais dans l'interprétation, et entre le patient et le professionnel de la guérison, se révèle alors centrale. S'ils partagent la conception extérieure du mal, des individus d'origine autre que le migrant peuvent tenir ce rôle. Migration camerounaise et sorcellerie Dans la situation de migration, le processus de reconstruction des causes du mal plonge dans un espace particulier, l'espace de l'Afrique, ce qui permet de se reconnaître d'une culture ; par ailleurs, il suppose que le migrant maintienne un lien avec l'espace d'origine, que ce lien soit réel, comme lorsqu'il s'agit de poursuivre un traitement au pays, ou psychologique. En définitive, la référence à l'occulte établit un lien à l'intérieur et entre les espaces dans lesquels le migrant évolue. Les Camerounais se distinguent des autres groupes étrangers en provenance des pays du Sud par le motif initialement estudiantin du séjour en France, et donc par un niveau d'étude élevé et une maîtrise de la langue française. Dans un contexte d'immigration, la volonté de s'affirmer comme les représentants de l'Afrique Moderne, par opposition aux immigrés travailleurs, cohabite avec une référence à l'occulte que nos interlocuteurs attribuent aux Africains, et qui devient alors affaire privée par rapport à la société d'accueil. La référence à la sphère occulte crée une unité culturelle la diversité des origines ethniques, religieuses et sociales impose la distinction. Ainsi, le discours de l'action maléfique, et à travers lui du conflit, met en forme la communauté africaine à Paris. 172Sophie BOULY DE LESDAIN Notes et références bibliographiques (1)Octobre à décembre 1993, mission ORSTOM financée par le département Sud, hébergement à Yaounde chez F. et C. Bâillon ORSTOM, et à Garoua chez J.M. Macé-River Blindness Foundation. (2)Un premier séjour dans le Sud du Cameroun de juillet à novembre 1990, lors d'un stage ORSTOM- CNRS (équipe d'Anthropologie Alimentaire), a été l'occasion d'aborder ce thème : « Le lien mère-enfant chez les Mvae du Sud Cameroun : alimentation et sorcellerie », mémoire de DEA, 1992, Paris V - René- Descartes, sous la direction de J. Warnier. (3)Forme de protection. (4)Conformément au souhait des personnes qui ont participé à l'enquête, les prénoms des interlocutrices et interlocuteurs ont été modifiés. (5)La terminologie classificatoire (Radcliffe-Brown, A.R. Forde (D.), 1953, Lévi-Strauss (C), 1973) s'étend à l'entourage amical, et assigne une position dans le système de parenté en fonction des critères d'âge et de sexe, sans qu'il y ait lien de consanguinité ou d'alliance. (6)Boîte de nuit de la capitale, Yaounde. (7)Nous faisons référence à la logique de l'événement énoncée par M. Auge (Auge (M.), Herzlich (C), (eds.), 1984). 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Chez les migrants camerounais vivant à Paris, le discours de la sorcellerie intervient aux différentes étapes du parcours migratoire, mais il engage des relations sociales variables selon l'espace considéré. Notre analyse souligne en quoi les Camerounais interprètent la migration en terme de contrôle de l'usage des forces occultes. Ce faisant, nous démontrons l'existence d'une ethnogénèse qui transcende la diversité des origines ethniques et sociales, tant au Cameroun, que les migrants considèrent comme un champ de pouvoir, qu'en France, le discours de l'action maléfique met en forme une communauté africaine. Cameroonese Migrations and Sorcery in France Sophie BOULY DE LESDAIN As far as we know, anthropologists specialized in sorcery have never studied the relationships between sorcery and migration. Cameroonese living in Paris refer to sorcery at different stages of their migration, but different types of social relationships are involved depending on whether France or Cameroon are considered. We show that Cameroonese analyse migration in terms of the control of the use of magic forces. We therefore demonstrate that beyond the ethnic and social diversity of Cameroon, sorcery is a means of power in Cameroon and a value which contributes to the strenghening of African identity in France. Migraciones camerunesas y brujeria en Francia Sophie BOULY DE LESDAIN Segun lo que sabemos, los antropolôlogos que han estudiado los fenômenos de brujeria no han abordado el tema de las relaciones entre la brujeria y la migraciôn. Los emigrantes cameruneses que viven en Paris se refieren a la brujeria en las diferentes eta- pas del recorrido migatorio, envolviendo relaciones sociales variables segûn el espacio considerado. Nuestro anâlisis muestra como los Cameruneses interpretan la imigraciôn en términos de control del uso de las fuerzas ocultas. De esta manera, demostramos la existencia de una etnogénesis que trasciende la diversidad de los origenes étnicos y sociales, tanto en Camerûn, considerado por los emigrantes como un campo de poder como en Francia, donde el discurso de la acciôn malefica pone en forma una comunidad africana

    source https://www.persee.fr/docAsPDF/remi_0765-0752_1994_num_10_3_1430.pdf

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  • La foule brûle le temple de Madagascar

    Abus sexuels

    La foule brûle le temple de Marc Tatandraza

    Des villageois en furie se sont heurtés, hier, au pasteur et à sa centaine de fidèles pour séquestrations et abus sexuels. Douze fidèles ont été arrêtés.

    Affrontements entre civils à Analakininina Soanierana Ivongo hier matin. Le temple de l'église néo-réformée Fivavahana Kristianina Miray (FKM), dont le repris de justice Marc Tantandraza, s'est érigé non seulement en pasteur mais aussi, en quasi-divinité en tant que patriarche, a été incendié par une foule, en état d'énervement total. Douze de ses fidèles ont été, dans la foulée, arrêtés. Blessés lors des heurts, ces derniers sont, néanmoins, mis en observation médicale. Marc Tatandraza est, pour sa part, en cavale.

    Des séquestrations d'adolescentes, des abus sexuels, ainsi qu'une prise d'otage incriminant cette communauté religieuse, ont mis le feu aux poudres, de source auprès des autorités locales. Selon les informations communiquées, des emprises religieuses ayant brisé des ménages et ruiné des familles ont été signalées depuis que le pasteur Marc Tatandraza est venu s'y installer avec une horde de fidèles au début de ce mois.

     

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  • Le vaudou se nourrit du sang, de la souffrance de la peur

    On voit de plus en plus de gens et de site proposer des rituels de vaudou un peu partout. Mais au final personne ne sais vraiment ce qu'est le vaudou et surtout quels en sont les risques. Je vais résumer un peu la chose ici.

    Le vaudou fait parti des magie dites noires. Il fait appel aux forces obscures du monde des esprits par le biais souvent de pratiques de nécromantiques. Il implique également des sacrifices de pauvres animaux, car le vaudou et ça magie se nourrit du sang, de la souffrance de la peur. Et bien évidemment les risques liés à la pratique du vaudou sont considérables pour les personnes ciblées et pour la personne qui en demande la réalisation. Le vaudou est par sa nature une forme de magie extrêmement dangereuse et tout ceux qui vous propose d'en faire sont des personnes mal intentionnées car elle savent très quels sont les conséquences néfastes qu'implique le vaudou. Les seul bénéficiaires se seront elle car le rôle d'intermédiaire qu'elle joue dans la l'exécution du vaudou est le seul qui les préservent des conséquences. Le vaudou est très dangereux et je vous recommande fortement de ne jamais y toucher. On ne le répètera jamais assez : seule la magie blanche et uniquement la magie blanche et sûre et sans risque pour personne.

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  • KINNINSI VENDU EN EUROPE

    LE VAUDOU KINNINSSI DES VOEUX ET DE L'EXTREME RICHESSE
    je vous propose le vodoun kinninssi de la richesse
    ce vaudou est du BÉNIN et vieux de l'époque du Dahomey.
    Conservé par des grands dignitaires du culte ils ont su le
    garder dans le couvant jusqu'à nos jours lui conservant ainsi
    toutes ces puissances occultes.
    Il est logé dans une petite calebasse de diamètre d'à peu pres
    la base d'une bouteille de champagne et à la force de faire
    exécuter tous vos désirs de richesse
    absolut.
    Vous l'enfermé dans un endroit gardé secret et il vous suffira au moment
    venu de faire les rituels demandés et de faire votre requete
    auprès du vaudou en citant la somme d'argent que vous souhaitez avoir et il
    l'exécute
    en moins de 48h et vous verrez l'argent apparaitre à l'endroit même
    sans possibilité de rendre le sortilège inopérant.
    C'est un vaudou très dangereux livré avec la copie du cahier des rituels
    écrite à l'encre de la main des
    aïeux eux même et qui explique les différents rituels qui se font avec
    chaque demande .
    Ce vodou peut être utilisé à distance si vous ne voulez pas le recevoir
    chez vous,il vous suffira de prononcer des paroles mystique et il execute
    vos désirs.
    CONTACT
    E-mail : professeuroussou@gmail.com
    Tel: 00229 67 58 86 58

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