Roundup Roundup

Qu'est-ce-que le Roundup Roundup est le nom commercial d'un herbicide mis sur le marché en 1974 et produit par la société américaine Monsanto. C'est un herbicide non sélectif, censé détruire toutes les plantes et à action systémique, c'est-à-dire qu'il est véhiculé par la sève dès lors qu'il est pulvérisé sur les feuilles, même si toutes les feuilles ne sont pas atteintes par le produit. Sa substance active est le glyphosate, qui a beaucoup fait parler de lui. Afin qu'il puisse pénétrer dans la plante, on lui adjoint un tensioactif ou surfactant pour permettre au produit de mieux adhérer aux feuilles. Le produit est alors véhiculé jusqu'au lieu de croissance de la plante, qu'il s'agisse des tiges, des feuilles ou des racines. Le glyphosate bloque alors la synthèse de certains acides aminés, et la plante meurt. Depuis 2017, la marque Roundup propose aussi des désherbants à base d’acide pélargonique qui par action de contact brule la mauvaise herbe. Roundup : l'histoire d'un succès mondial Le glyphosate a été inventé par un chimiste suisse en 1950, mais ce n'est que 20 ans plus tard qu'on lui reconnaît des propriétés herbicides. Le Roundup a d'abord été commercialisé en Malaisie, pour la culture de l'hévéa puis en Angleterre sur la culture de blé. Aux Etats-Unis, on s'en est d'abord servi pour désherber des zones non agricoles avant sa généralisation sur les cultures. Le Roundup connaît dès lors un succès considérable. Produit en grande quantité, il est relativement bon marché et efficace, car très peu de mauvaises herbes lui résistent. Ce produit nouveau apparaît comme étant la solution environnementale parfaite pour l'époque. On assure qu'il se décompose en produits naturels (dioxyde de carbone, acide phosphorique et ammoniac) et qu'il est totalement sans danger pour l'homme ainsi que pour la faune et la flore. D'un point de vue environnemental, l'herbicide Roundup était donc le produit le plus sûr de toute l'histoire des herbicides et il atteint rapidement 30 % de la valeur de ventes de Monsanto. Sa simplicité d'emploi et son large spectre d'activité en font le produit herbicide le plus utilisé au monde, parfois à grande échelle. Ainsi, dans le « plan Colombie » en collaboration avec les Etats-Unis pour détruire les champs de coca et lutter contre la drogue, l'herbicide est pulvérisé par avion, détruisant par la même occasion d'importantes zones de la forêt amazonienne (mais depuis mai 2015, la Colombie est revenue sur sa décision et a interdit l'épandage de produits à base de glyphosate sur son territoire). Les Français sont les champions en matière de consommation de produits phytosanitaires et les herbicides en représentent la moitié. Jusqu'à présent, 60 % des ventes de Roundup étaient le fait de particuliers en France. Selon le programme AGRICE (Agriculture pour la Chimie et l'Énergie), 10 00 tonnes de ce produit sont utilisés par an dans notre pays. Mais l'herbicide y vit ses derniers moments de gloire : comme tous les produits phytosanitaires issus de synthèse chimique, son emploi sera interdit pour les jardiniers particuliers à compter du 1er janvier 2019. Le Roundup associé aux OGM A partir de 1996, Monsanto a développé les cultures Roundup Ready (RR). Dans ces plantes, comme le maïs, le soja, ou encore le colza, un gène de résistance à l'herbicide a été introduit, permettant un désherbage au glyphosate sans nuire à la culture. Le groupe Monsanto qui vend le Roundup commercialise également les semences (c'est le numéro 2 mondial des semences agricoles) de ces plantes génétiquement modifiées par un contrat de vente liée (Monsanto fournit la semence et le Roundup). Aux Etats-unis, 65 % du coton et 10 % du maïs cultivés contiennent le gène Roundup Ready et les cultures OGM ont provoqué une hausse de la consommation d'herbicides par les agriculteurs aux USA. Le principe de la vente liée n'est pas autorisée en France. Or les cultures Roundup Ready contiennent plus de résidus d'herbicide que leurs homologues non-OGM C'est ce qui explique pourquoi les autorités de certains pays ont augmenté le seuil des quantités légales autorisées des résidus, appelée LMR (limite maximale de résidus). La LMR constitue un seuil au-delà duquel la commercialisation du produit n’est pas autorisée. Ainsi, dans l’Union européenne, le taux résiduel maximum de glyphosate autorisé dans le soja a été augmenté de 200 fois, passant de 0,1 milligramme par kilogramme à 20 mg/kg en 1997, après que la commercialisation du soja Roundup Ready, modifié génétiquement, a été autorisée en Europe. Sur les lentilles, la LMR est passée de 0,1 mg/kg à 10 mg/kg en 2012, (la norme internationale recommande 5 mg/kg). En outre, le règlement européen précise qu’il est possible de demander une tolérance à l’importation, « afin de répondre aux besoins du commerce international ». Glyphosate : dangereux pour la santé et l’environnement La matière active du Roundup étant le glyphosate, son innocuité devient douteuse lorsque l'on sait le procès que l'on fait au glyphosate. Mais il y a aussi les additifs dont on ne connaît pas bien l'action ni sur la santé ni sur l'environnement, et aussi d'un possible effet « cocktail ». C'est pourquoi, en 2016, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) retire les autorisations de mise en marché de 126 produits associant glyphosate et l'un de ses adjuvants, la tallowamine, en raison que " des risques inacceptables, notamment pour la santé humaine, ne peuvent être exclus pour ces produits ". Malgré les affirmations de son fabricant, Monsanto, condamné à plusieurs reprises, notamment pour publicité mensongère sur le Roundup, la toxicité de ce produit a souvent été mise en cause et depuis 2015 les ventes des herbicides fabriqués par Monsanto sont en déclin.

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