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Faits Divers


  • Grigny : un réseau de passeurs iraniens jugé au tribunal

    Les neuf hommes sont soupçonnés d’avoir acheminé des migrants vers la Grande-Bretagne par voies terrestre, aérienne et maritime.

    Il ne travaillait pas, était officiellement sans ressource, mais roulait en Audi TT, voyageait sur tout le territoire et possédait un appartement à Grigny 2 où résidaient en permanence une vingtaine de personnes. Des migrants, selon une information transmise à l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre (OCRIEST). Au bout de cette enquête lancée en 2015, neuf mis en cause, des Iraniens jugés depuis ce vendredi devant le tribunal correctionnel d’Evry pour avoir fait passer nombre de leurs compatriotes vers la Grande-Bretagne. Les tarifs allaient de 2 000 à 10 000 €.

    A la tête de ce vaste réseau, Ali Faghani, un Iranien de 43 ans. L’homme est en fuite, un mandat d’arrêt a été lancé à son encontre. Outre son Audi TT et son appartement à Grigny, l’homme participait aussi au loyer d’un appartement de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), où étaient logés d’autres migrants. Et il avait un camion frigorifique lui servant à convoyer ses compatriotes. Dans le courant de l’enquête, trois autres personnes, des présumés passeurs, ont été interpellées à son domicile. Parmi eux, son neveu, soupçonné de gérer les affaires quand l’oncle était absent.

    Un autre membre présumé du réseau est en fuite. Il se rendait très fréquemment de Grigny au camp de réfugiés de Grande-Synthe dans la banlieue de Dunkerque (Nord). C’est lui qui était chargé de donner des instructions à ceux tentant la traversée vers l’Angleterre.

    Ils logeaient des migrants dans un appartement de Grigny 2

    Un autre membre important du réseau faisait transiter des migrants iraniens via les airs. Il les logeait dans un appartement de Fontenay-sous-Bois (94), mais aussi à Drancy (93) et dans des hôtels moyennant finance, entre 20 et 100 € la nuit. A Fontenay, il recevait des colis en provenance de Grèce, de Turquie, avec des faux passeports. Plusieurs de ces paquets ont été interceptés par la police. L’homme s’occupait également d’acheter les billets d’avion pour ses clients et de les emmener à Roissy. « Le bornage a permis de comptabiliser 1 230 allers-retours entre chez vous et Roissy », lui lance le président du tribunal, alors que le prévenu tente de nier toute responsabilité dans ce trafic.

    Après les acheminements par la terre et les airs, un autre membre de ce réseau a, lui, tenté de faire passer des ressortissants iraniens par la mer. Il a acheté un Zodiac à 1 800 €, y a mis six personnes, chacune ayant dû payer 2 000 € pour la traversée. L’embarcation n’a pas dépassé le bout de la digue. Deuxième tentative avec un nouvel esquif acheté 1 200 € sur Leboncoin.fr, via un complice de Grigny absent à l’audience, avec à nouveau six Iraniens à bord. L’aventure s’est terminée par un « Mayday » (NDLR : appel de détresse) capté par les garde-côtes et un sauvetage au large de Calais dans la nuit du 3 au 4 avril 2017.

    Le procès se poursuit ce lundi avec les réquisitions de la substitut du procureur et les plaidoiries des avocats de la défense.

    http://www.leparisien.fr/grigny-91350/grigny-un-reseau-de-passeurs-iraniens-juge-au-tribunal-12-10-2018-7917717.php

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