Les crimes pédophiles en ’Asie et l’Afrique

Les crimes pédophiles concernent également l’Asie et l’Afrique", encore souvent oubliés alors que de nombreux prêtres ont abusé d’enfants en toute impunité.

En Afrique du Sud par exemple, 35 cas d’abus sexuels par des prêtres ont été recensés par l’Eglise catholique depuis 2003 et seuls sept ont fait l’objet d’une enquête policière, selon La Croix. Les agressions sexuelles commises par des prêtres en Afrique "sont des choses dont on ne parle absolument pas", livre au quotidien le père Bernard Ugeux, missionnaire en République démocratique du Congo.

"Que les abus soient perpétrés en famille, à l’école ou dans la paroisse, on évite systématiquement les procès. Il y a un très grand respect du prêtre, qui représente une figure presque sacrée, ce qui empêche la remise en question", affirme-t-il.

"Institution hypocrite"

La chape de plomb persiste également en Asie, où très peu de plaintes pour abus sexuels sur mineurs commis par des membres du clergé ont été rapportées. Cela tient notamment au fait que la communauté catholique est minime dans les pays asiatiques par rapport au nombre d’hindouistes, bouddhistes, taoïstes et musulmans. Mais aux Philippines, au contraire, plus de 80% des habitants sont catholiques. Toutefois, peu d’affaires émergent. Fin décembre 2018, le président Rodrigo Duterte n'a pourtant pas hésité à présenter l'Eglise comme "l'institution la plus hypocrite" affirmant que ses camarades de classe et lui avaient été victimes d'agression sexuelle en confession. Mais l’épiscopat refuse de porter devant la justice les agressions sexuelles sur mineurs.

Des efforts sont toutefois impulsés pour libérer la parole. Dans le Kerala, au sud de l’Inde, l’Eglise fait preuve de fermeté depuis la révélation de l’affaire impliquant Mgr Franco Mulakkal, ancien évêque de Jalandhar (au nord de l’Inde) relevé de ses fonctions en 2018. Il est accusé d'avoir violé une religieuse treize fois entre 2014 et 2016. Le 16 février dernier, un prêtre catholique a également été condamné à 20 ans de prison par un tribunal de l'Etat du Kerala, reconnu coupable d'avoir violé une collégienne.

"La vérité nous libérera"

En conséquence, le Conseil des évêques catholiques du Kerala (KCBC) a établi, dans le quotidien The Indian Express du 6 février cité par La Croix, plusieurs directives à destination des paroisses. Le KCBC prévoit notamment "l’obligation de signaler aux autorités civiles tous les cas de violences sexuelles sur mineurs et adultes vulnérables, de coopérer dans les enquêtes judiciaires et d’éviter tout contact physique inapproprié avec des mineurs".

"L'Eglise est très loin d'avoir arrêté l'épidémie", regrette toutefois Anne Barrett Doyle, co-directrice de BishopAccountability.org - une banque de données publique américaine documentant les enquêtes sur les prêtres soupçonnés de crimes sexuels.

Elle dresse un portrait peu flatteur de l'action des épiscopats des plus grands pays catholiques, du Brésil, en passant par le Mexique, la Colombie, les Philippines ou le Congo. Reste que, "convoquer la direction de l'Eglise à Rome est en soi un message très important", plaide Mgr Scicluna, qui annonce "un jour nouveau en matière de transparence". L'archevêque maltais mise beaucoup sur la troisième et dernière journée de réflexion de ce sommet inédit, consacrée à la transparence. Et de conclure: "Nous devons nous confronter aux faits, car seule la vérité nous libérera."

source https://www.bfmtv.com/international/pedophilie-dans-l-eglise-les-ravages-de-l-omerta-en-afrique-et-en-asie-1637181.html

Soyez le premier à commenter cette vidéo.

Articles Connexes

Nouveaux Articles

Populaires